QUESTIONS
POSÉES AU CONSEIL MÉDICAL
le 31/03/2007
Q :
Le
gène de la maladie
de
Moya-Moya
a-t-il été identifié ?
R :
Il ne s’agit pas forcément d’un seul
gène. Il
existe cependant quelques rares familles dans lesquelles la maladie
pourrait être liée à la mutation
d’un seul
gène. (Dans une famille marocaine suivie dans le service de
neurologie de l’hôpital Lariboisière,
nous avons
pu localiser le gène responsable de la maladie).
Q :
Y
a-t-il des échanges avec les équipes de recherche
japonaises ? R :
Les
équipes de
recherche sont en contact de différentes façons,
au
travers des publications et des colloques et de contacts directs (par
mail notamment) et dans 90 % des cas, il y a une très bonne
collaboration. (un colloque sur
l’angiogénèse se
tiendra bientôt au Portugal).
Q : La
maladie de Moya-Moya
atteint-elle forcément les 2 côtés ?
R :
Théoriquement pour un vrai Moya-Moya, les 2
côtés
doivent être atteints. La maladie étant
évolutive,
si un seul côté est touché, on parle de
Moya-Moya
probable.
La maladie de Moya-Moya se caractérise par la
sténose des artères .
La distinction syndrome/maladie de Moya-Moya ne vient pas de l'aspect
artériographique mais de la cause.
Si il y a une cause connue (trisomie 21, radiothérapie,
drépanocytose ...) on parle de syndrome. Si la cause est
inconnue malgré un bilan extensif on suppose une
susceptibilité génétique (cf question
1) et on
parle de maladie.
Effectivement au départ on ne peut avoir qu’un
seul
côté Par ailleurs comme toujours en
médecine
il existe des formes typiques et d’autres moins.
Les
sténoses sont le point de départ de la maladie
mais il
existe également (en réponse d’une
certaine
façon) une prolifération des artères
(réseau chevelu visualisé sur les
artériographies)
celle-ci étant malheureusement insuffisamment
efficace.
Sans détailler la différence entre maladie et
syndrome,
il y a parfois des aspects artériographiques dits
«atypiques» rentrant plutôt dans le cadre
de
syndrome (par
exemple certains cas d’un seul côté). La
différence est parfois subtile, très
spécialisée et est à revoir au cas par
cas.
Pour les syndromes, on ne retrouve pas toujours de cause.
Q :
Le
problème de
concentration dans le travail est-il lié
à la maladie ?
R :
Il est difficile de répondre à cette
question.
L’ischémie (mauvaise irrigation du cerveau) peut
être la réponse mais il ne faut pas tout imputer
à
la maladie. On ne peut répondre ni oui ni non.
Q :
Son
médecin
interdit
toute activité sportive, n’est-ce pas excessif ?
R :
L’opération en elle-même
n’est pas un frein.
Il faut prendre en considération la violence du sport. La
plupart des sports pourront être autorisés,
cependant
l’hyperventilation peut diminuer la vascularisation sanguine.
La réponse dépend donc du type de sport et de la
phase de la maladie.
Les sports qui modifient beaucoup l’oxygénation du
cerveau
ne sont pas recommandés (plongée en
apnée,
escalade en haute altitude …).
Q :
Quels
sont les
signes
précurseurs caractéristiques des AVC ?
R :
Il n’y a pas vraiment de signes précurseurs
caractéristiques des AVC.
Des examens de contrôle peuvent permettre de voir
l’état des vaisseaux du cerveau, mais on ne peut
pas
répéter ces examens qui comportent aussi des
risques. Les
parents savent souvent avant les médecins...
Q :
Quels
sont les
traitements
chirurgicaux de la maladie ?
R : Le
Pr. ZERAH rappelle que le but des interventions n’est pas de
lutter contre la maladie mais contre ses conséquences.
Les différents types d’interventions
pratiqués
depuis les années 70 ont été
progressivement
abandonnés en raison des risques importants qu’ils
faisaient courir aux patients.
On s’est rendu compte qu’en faisant des trous de
trépan et en perçant la dure-mère, il
se produit
une revascularisation. C’est la technique que l’on
utilise
maintenant pour que le sang aille de l’extérieur
vers
l’intérieur.
Lorsque l’on fait 18 trous, la vascularisation se
fait
seulement en quelques trous (6 en moyenne), ceux qui sont le plus en
souffrance.
Les vaisseaux vont se former en quelques semaines ou quelques mois.
Les résultats de cette technique sont au moins aussi
efficaces,
moins risqués et permettent une revascularisation plus
globale
que les anciennes techniques.
Q :
Peut-on
répéter cette opération ?
R :
Il n’est pas raisonnable de renouveler
l’intervention.
Q :
A
quand remontent les
premières opérations par trous de
trépan uniquement ?
R :
Un peu moins de 10 ans.
questions
Q :
Cette
technique a-t-elle été utilisée en
d’autres
circonstances et l’angiogénèse dans ce
cas se
fait-elle aussi bien ?
R :
La même intervention a été
pratiquée
quelques rares fois dans l’angiopathie
proliférante (3 ou
4 fois) et l’angiogénèse se fait de la
même
manière.
Q :
Tous
les malades doivent-ils être opérés ?
R :
La
grande question n’est pas de savoir s’il
faut opérer mais quand
faut-il opérer.
Q :
A
quel stade de la maladie
doit-on pratiquer l’opération ?
R :
Le stade 2 correspond au début de la formation de
l’angiogénèse. La majorité
des auteurs pense
qu’il vaut mieux proposer l’opération en
fin de
stade 2 ou pendant le stade 3.
Q :
Une
patiente a
complètement régressé à la
suite de l’opération.
R :
Il a pu se produire certains accidents vasculaires
cérébraux pendant
l’opération.
Q :
L’artériographie
est-elle toujours
nécessaire ?
R :
On a besoin de l’artériographie pour
distinguer la
maladie du syndrome. Cet examen est nécessaire
également
avant l’intervention, ne serait-ce que pour ne pas
abîmer
les zones qui se sont revascularisées naturellement.
Le bilan est plus précis qu’en IRM.
Cependant dans certains cas particuliers
l’artériographie
ne sera pas réalisée, le bilan se limitant
à
l’IRM, mais ce n’est pas la règle.
Q :
Quels
sont les examens
dont on
dispose pour évaluer le stade de la maladie ?
R :
- L’IRM de perfusion
permet de localiser les zones de
souffrance
et les zones détruites mais non de mesurer quelle est la
quantité de sang qui passe dans le
cerveau.
- Le
PET et le SPECT
sont des scintigraphies
permettant de voir quelle est la quantité de sang qui passe
dans
le cerveau en mesurant la capacité de dilatation des
vaisseaux.
L'
IRM de perfusion permet d’évaluer la
quantité de
sang passant dans le cerveau mais pas les réserves
(possibilité d’augmentation de la
quantité de sang
en cas de besoin).
L'IRM
de diffusion fait le point sur les AVC anciens ou récents
et donc globalement sur l’état du parenchyme
cérébral.
Q :
Combien
de temps
après
l’intervention y a-t-il revascularisation ?
R :
Il est difficile de répondre très
précisément car on n’aime pas
répéter
les artériographies trop souvent, mais cliniquement on peut
dire
qu’il se passe quelque chose très vite car les AVC
sont
rarissimes après l’intervention.
Q :
Y
a-t-il des médicaments interdits ?
R :
Les
vasoconstricteurs qui diminuent le calibre des vaisseaux
sanguins
sont à éviter : certains antimigraineux
dérivés de l’ergot du seigle,
l’Actifed, les
pilules oestrogéniques…
Q :
Quel
est le nombre
d’opérations à ce jour ?
R :
35 enfants ont été opérés
ces 5 dernières années.
questions
Q :
Peut-on
envisager une
grossesse
en étant soi-même atteinte de Moya-Moya ?
R :
Oui, cependant les risques sont majorés pendant la grossesse
(comme les oestrogènes sont augmentés, cela peut
aggraver
le risque de formation de caillots à
l’intérieur
des sténoses) puis pendant l’accouchement (ne pas
hyperventiler).
questions
Q :
Quelle
est la proportion
garçon/fille parmi les sujets atteints ?
R :
Pour 2 garçons, il y a environ 3 filles atteintes.
N.B.
Remarquons cependant que nous comptons à
l’Association 3
familles de garçons pour 30 familles de filles.